Le 25 Avril 1974

Le 25 avril 1974, des capitaines de l’armée, écœurés par les guerres coloniales renversent  le gouvernement du Portugal

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 Le 24 avril 1974 à 22h55, est diffusé à la radio la chanson de Paulo Carvalho « E depois do Adeus ». Tout le monde pense à un journaliste rebelle voulant marquer sa désapprobation au régime. C’était en fait un premier signal.

Deux heures plus tard, la station catholique Rádio Renascença (Radio Renaissance) diffuse la chanson qui va marquer l’histoire, « Grandôla Vila Morena » de José Afonso.

Cette chanson annonce que la révolution des œillets est en marche.

Il s’en suit que le MFA (Mouvement des forces armées) prend le contrôle des postes stratégiques, radios et aéroports.

Puis un premier communiqué est lancé sur les ondes dont voici un extrait :

« Ici le poste de commandement du Mouvement des Forces Armées. Les forces armées portugaises demandent à tous les habitants de Lisbonne de rentrer chez eux et d’y rester avec le maximum de calme. Nous espérons sincèrement que la gravité des heures que nous vivons ne sera pas tristement marquée par un accident. C’est pourquoi nous en appelons au bon sens des commandements des forces militarisées, afin d’éviter la moindre confrontation avec les Forces Armées. Une telle confrontation, outre le fait qu’elle soit inutile, ne pourra que conduire à de sérieux préjudices individuels qui endeuilleraient et créeraient des divisions entre les Portugais, ce qu’il faut éviter à tout prix. Nonobstant la préoccupation qui est la nôtre de ne faire couler le sang d’aucun Portugais, nous en appelons à l’esprit civique et professionnel du corps médical, espérant qu’il se dirigera vers les hôpitaux afin d’apporter son éventuelle collaboration, que nous souhaitons, sincèrement, inutile. »

 

En l’espace d’une nuit, la révolution fut menée par les forces militaires et fit tomber la dictature, instauré en 1968 par Salazar et dirigé par Marcelo Caetano.

Le pouvoir dépassé par les événements, comprit  très vite que tout était perdu et se rendit pratiquement sans résistance.

La police politique (la PIDE) sera maitrisé dans la nuit, non sans une certaine résistance qui causera la mort de six personnes et en blessera 45 autres.

La foule manifestera  dans la capitale portugaise pour soutenir les militaires rejoint par les généraux  António de Spínola et Costa Gomes.

 

Une vendeuse de fleurs du Rossio, la grande avenue de Lisbonne, offre aux soldats les fleurs de saison qu’elle a à vendre : des œillets rouges! Le lendemain, le journal parisien Le Monde sort en première page : «La Révolution des Œillets triomphe au Portugal !»

Les jours suivants, les prisonniers politiques sont libérés, la censure de la presse est levée et le secrétaire général du parti socialiste, Mário Soares, rentre de son exil en France.

Pendant les mois qui suivent, à Lisbonne, les projets bouillonnent. On refait le monde. On multiplie les occupations d’usine. On proclame même l’auto gérance de certains quartiers de Lisbonne…

Le reste du pays, quant à lui, attend, plus ou moins indifférent à tout ce bourdonnement.

Le général Spinola est mit à la tête d’un gouvernent provisoire le 15 mai.

Il rétablit les libertés et nationalise les secteurs clef de l’économie. Le leader socialiste Mario Soares, ministre des Affaires étrangères, ouvre immédiatement des négociations avec les mouvements indépendantistes des colonies.

Photo de Henrique Matos prise le 25 avril 1983 lors d’une reconstitution a Porto

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