Un drame annoncé

Un drame annoncé.

C’est l’un des accidents les plus dramatiques de l’histoire récente du Portugal et l’un des plus graves de la dernière décennie en Europe. Le 4 mars 2001, peu après 21 heures, au passage d’un autocar et de trois voitures, un vieux pont métallique s’est effondré sur le fleuve Douro. Au moins 59 personnes ont péri dans cet accident qui s’est produit alors que les eaux étaient en crue. «D’un seul coup, l’autocar qui était là, devant moi, n’y était plus. Tout ce que j’ai réussi à voir au fond, dans l’eau qui l’entraînait, c’était des phares et un clignotant allumés», raconte un témoin. Trois véhicules légers s’abimèrent également dans le fleuve.

Pas de survivants. L’accident s’est produit entre Castelo de Paiva et Entre-os-Rios, à une trentaine de kilomètres en amont de Porto. Dans l’autocar, affrété comme chaque année par un habitant du village d’Oliveira do Arda, 53 personnes rentraient d’une excursion pour aller admirer les amandiers en fleur dans la région voisine de Tras-os-Montes.

Vers 21 heures, l’autocar s’engage sur le vieux pont métallique qui, depuis 1886, surplombe le Douro de 50 mètres. En raison des fortes pluies d’hiver, les eaux étaient à dix mètres au-dessus de leur niveau normal et sous la force du courant, un pilier de l’ouvrage aurait cédé. Dans sa chute, il entraîne une section de 80 mètres du tablier du pont, long de 300 mètres au total.

Après une nuit d’intempéries et de fort brouillard, des dizaines de pompiers, dont cinq plongeurs, munis d’équipement de dragage, ont commencé les opérations de secours, gênées par la force du courant et l’opacité des flots boueux. Sous l’oeil de groupes de villageois et de parents de victimes en état de choc, postés sur la rive.

«Assassins, assassins!», a crié la foule lorsque le Premier ministre est arrivé sur les lieux de la catastrophe.

Il n’a pas fallu longtemps à Jorge Coelho, le ministre des Travaux publics, pour assumer la responsabilité du drame. A 3 heures du matin, ce poids lourd du gouvernement socialiste a convoqué une conférence de presse pour annoncer sa démission «irrévocable», tout de suite acceptée par le Premier ministre Antonio Guterres.

Un deuil national de deux jours a été décrété.

Environ 1800 véhicules traversaient quotidiennement ce pont, dont la dangerosité avait été maintes fois signalée à l’administration centrale. «On avait toujours peur de traverser ce pont car il était pourri», déclarait le père du chauffeur de l’autocar. Les autorités locales dénonçaient depuis des mois la mauvaise structure de cet ouvrage, vieux de plus d’un siècle et large de seulement trois mètres.

Video sur la catastrophe Quem não esquece a tragédia de Entre-os-Rios

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